Echo-Nature

Corrida : 8 blessés après une action à Rion-des-Landes!

Publié le 26 Août 2013 par Eco-Nature in Mon jardin secret


Corrida : "8 blessés après notre action, pourtant nous ne sommes pas des fous furieux"

 

Témoignage par Christophe Marie - Fondation Brigitte Bardot - Edité par Melissa Bounoua Auteur parrainé par Amandine SchmittLe Nouvel Observateur Le Plus - 26 août 2013  

 

530424 381533985308889 915374712 n 

 

Une centaine de militants anti-corrida ont envahi samedi les arènes de Rion-des-Landes à l'occasion du Novillada, une corrida avec mise à mort opposant des jeunes tauraux à des jeunes torréros. Huit manifestants ont été blessés, autorité et militants se rejettent la responsabilité. Christophe Marie, membre de la la Fondation Brigitte Bardot, était sur place.

 

1175011 167987563389940 1484613236 n

 

Après Rodilhan en octobre 2011, où nous étions 70 militants enchaînés au centre des arènes, à nous faire lyncher par des aficionados déchaînés, retour sur ce 24 août dans les arènes, cette-fois à Rion-Des-Landes et deux fois plus nombreux, pour mener une action d'opposition à la barbarie.  

Les trois partenaires (CRAC Europe, Fondation Brigitte Bardot et Animaux en Péril), ont organisé la venue des militants dans les Landes, puis préparé l'action basée sur l'occupation du terrain dans le but de faire annuler le sanglant "spectacle". Durant les deux jours de préparation, le secteur où les défenseurs des animaux sont rassemblés est placé sous haute surveillance, par des agents si peu discrets qu'ils sont aussitôt repérés.

 

Le préfet informé, avant même l'action des militants

Les autorités connaissent de toute évidence notre projet, il nous paraît évident que nous ne pourrons pas rentrer dans les arènes avec les chaînes prévues pour nous attacher mutuellement et former un cercle solide. Peu importe, avec ou sans chaînes, nous irons. 

Au moment du départ, le convoi se disperse, le car principal des 50 militants parisiens prend la route de Mimizan, où se tient à la fois une manifestation de rue et une corrida, nous espérons encore pouvoir semer le doute sur le lieu réel de l'action. Lorsque le car se dirige vers Rion-Des-Landes, les gendarmes l'immobilisent à l'entrée du village pour faire un contrôle d'identité, ils savent alors que nous allons agir dans les arênes.

Peu à peu, les militants se retrouvent par petits groupes devant des arènes entourées de gendarmes. Ce déploiement se veut dissuasif, mais nous entrons à l'intérieur de cet abattoir public sans réelle difficulté.

 

Une action pacifique    

Une fois installés dans les gradins, nous attendons tous les signal avant de sauter pour rejoindre le centre et former un cercle fermé. L'objectif est de tenir le plus longtemps possible pour empêcher le déroulement de cette novillada où quatre jeunes toreaux doivent être torturés à mort. Tous ceus qui participent à cette action pacifiques connaissent les risques, comme à Rodilhan ils ont pris l'engagement de ne pas répondre aux coups et s'y tiendront.      

 

4791377533477

Mobilisation contre la corrida le 24 aût 2013 à Rion-Des-Landes (Fondation Brigitte Bardot) 

 

Pour faire lâcher prise et évacuer les militants, les gendarmes utilisent des méthodes qui ont fait leur preuve : tordre les oreilles, les doigts, tourner les membres pour créer un pic de douleur au niveau des articulations (genoux, coudes, épaules, chevilles). Des procédés d'une cruauté inouïe, que nous n'attendions pas vraiment de la part des forces de l'ordre.    

 

Violence policière 

Au bout de 20 minutes, les gendarmes libèrent les lieux pour laisser place aux jeux du cirque, du moins le croient-ils. C'est sans compter sur la détermination des oposants à la torture. 

Devant les portes des arènes, nous ne lâchons rien, excédés les gendarmes nous gazent copieusement. Alors, les yeux brûlants, le nez et la gorge en feu, nous nous dirigeons vers le camion où sont parqués les quatre malheureux animaux promis au sacrifice.

C'est là, à l'abri des ragards, que la violence s'intensifie gracieusement. Alain, militant pacifique d'une soixantaine d'années, s'approche du camion et de l'escalier qui mène à la tribune "d'honneur". Après avoir été violemment repoussé par les gendarmes, Alain tombe sous les coups d'aficionados... A l'arrivée des pompiers, la situation jugée critique (plus tard les médecins parleront de pronostic vital engagé) nécessite le transfert de la victime par hélicoptère jusqu'à l'hopital de Bordeaux.  

Dans le même temps, des militants grimpent sur le camion pour empêcher au véhicule de se mettre en position pour décharger les taureaux. Nous restons ainsi une quinzaine de minutes avant d'être délogés par la force.

 

rion-corrida-2013-005

Photo Jean-Marc Montegnies

 

Le bilan aurait pu être plus lourd   

Alors qu'un policier me soulève la tête en écrasant et en me tordant les oreilles, un jeune bénévole de la Fondation Brigitte Bardot, venu filmer la scène, est violemment projeté de l'escalier par une femme gendarme. Mauvaise chute qui plonge le militant dans l'inconscience. Transporté à l'hôpital de Mont-de-Marsan, le médecin se dit très préoccupé par la perte de réaction des membres inférieurs, la colonne est touchée.  Après des heures d'attente et d'angoisse, l'IRM ne révèle aucne fracture mais "seulement" des chocs provoquant une paralysie passagère, nous avons évité le pire.

Pour avoir participé à de nombreuses actions en faveur des animaux, je n'avais jamais vu autant de militants au sol, transportés à l'hôpital ou soignés sur place, les médias ont retenu les huit plus gravement touchés mais nous avons tous été violentés durant cette action qui reste une action pacifique, de résistance, face à un acte qui n'a rien de pacifique puisqu'il entraîne la mort d'un animal dans d'incroyables souffrances.

Beaucoup de reportages, diffusés sur les chaînes de télévision ou dans la presse écrite ont présenté les défenseurs des animaux comme étant violents, agressifs... Pourtant, personne ne peut apporter un début de preuve à ces accusations gratuites. En revanche, et là il ne s'agit pas d'interprétations mais de faits, tous les blessés sont dans nos rangs, aucun oficionado, aucun gendarme n'a été égratigné alors que les fractures et traumatismes divers se comptent par dizaines chez les opposants à la torture. Nous savons tous parfaitement de quel côté est la violence.  

 

1185125 545943145454578 1818695683 n

 

La force injuste de la loi

Le président François Mittérrand avait déclaré ne pas vouloir recourir à "la force injuste de la loi", l'actuel ministre de l'Intérieur, l'oficionado militant Manuel Valls, mène une politique inverse, basée sur la répression absolue lorsqu'il s'agit de combattre les revendications légitimes portées par les abolitionnistes que nous sommes.

Certains nous reprochent une radicalisation du mouvement, mais comment faire autrement lorsque le débat démocratique est rendu impossible par la volonté d'un homme de pouvoir ?

Les Français sont majoritairement favorables à l'interdiction des jeux cruels sur l'ensemble du territoire, pourtant, le sujet n'est jamais débattu au sein du Parlement ou du gouvernement... Ce combat-là nous devons le mener, et lorsqu'un mouvement majoritaire est méprisé, que la démocratie ne peut se faire entendre, alors oui, forcément, ce mouvement ne peut que se radicalier pour arriver à l'abolition de la torture.

En 2013, nous ne devrions même plus en être à parler de corrida, comment une telle barbarie, une telle sauvagerie, a-t-elle pu survivre à l'évolution de notre société ? C'est un mystère, une honte surtout...

 

Témoignage par Christophe Marie - Fondation Brigitte Bardot - Edité par Melissa Bounoua Auteur parrainé par Amandine Schmitt - Le Nouvel Observateur Le Plus - 26 août 2013           

 

 
 
 
LE SAVIEZ VOUS ?
 

Témoignage d'Alvaro Munera, toréro repenti 

 

L'afeitado*:

L'afeitado est une pratique barbare qui consiste à scier à vif 5 à 10cm de corne. L'opération dure 25 minutes et génère d'horribles souffrances pour l'animal; il est enfermé dasn un caisson et seules les cornes dépassent. Cette mutilation modifie la perception de l'espace du taureau. Tous les toréros réclament l'afeitado. En terme de douleur  cette intervention reviendrait à nous scier une dent à vif. Cette opération a pour but de désarmer le taureau. L'animal ainsi tourmenté, torturé, garotté, piégé, encagé; ses plaintes, ses mugissements n'empêchent rien. Les cornes sont ensuite poncées et éventuellement reconstituées avec de la résine. Le taureau ne dispose pas d'un délai suffisant pour prendre connaissance de la nouvelle longueur de ses cornes et d'y adapter son coup de tête.

 

309598354

 

Le transport : 

Les taureaux sont ensuite transportés vers les villes taurines; c'est une épreuve douloureuse. Ces transports pouvant durer plusieurs jours, sur un plan inclinés pour les fatiguer, les animaux ne reçoivent ni eau ni nourriture. C'est ainsi qu'en 2001 plusieurs taureaux déshydratés ont été retrouvés sans vie dans ces camions de la mort.   

 

La préparation des taureaux avant le combat : 


-  Les yeux : enduits de vaseline pour désorienter l’animal.
- Les membres : enduits d’essence de térébenthine qui lui procure des brûlures insupportables, dans le but de l’empêcher de rester tranquille.
-  Les testicules : dans lesquels on insère des aiguilles cassées dans le but de l’empêcher de s’asseoir ou de s’affaler.
- Les naseaux : dans lesquels du coton est enfoncé et descend jusque dans la gorge dans le but de rendre plus difficile la respiration de l’animal.
- L’échine, les reins : auxquels sont infligés des coups de pieds et de planches. Ces coups ne laissent aucune traces. Juste avant de rentrer dans l’arène, il peut arriver que l’on laisse tomber une trentaine de fois sur l’animal immobilisé des sacs de sable de 100 kg.

L’usage en dose massive de tranquillisants, d’hypnotisants, voire même de sprays paralysants (identiques à ceux utilisés par les forces de l’ordre et altérant la vue) a également déjà été constatée.

(source => Défendre les animaux et protéger la nature avec nous)

 

 

311799 10150362630450854 225318740853 8372954 312274480 n

 
Commenter cet article